Les Cuisines de la Critique Gastronomique

2 Mar 2009 • Actualité7 commentaires

Après les premières étoiles du guide suprême ce matin, voici un essai signé Bénédict Beaugé et Sébastien Demorand intitulé Les cuisines de la critique gastronomique. Je l’attaque à l’instant…

267-cuisine-crititquesLa 4e de couverture ?

« La critique de la critique gastronomique ? Pas question ici de
cracher dans la soupe : nous l’aimons trop pour ça ! Souvent pourtant,
nous avons l’impression de devoir nous contenter de recettes assez
banales. Cette soupe, nous l’aimerions peut-être plus relevée, un peu
moins claire. Qu’elle nous surprenne davantage. » B.B. et S.D.

La France a inventé la grande cuisine moderne, le restaurant et le guide Michelin.
Cela date un peu et, depuis, la sauce est figée. Pourquoi notre
critique gastronomique n’a-t-elle pas le rôle et la large place qu’ont,
par exemple, les journalismes sportif et culturel ? Elle fait pâle
figure face à celle de nos voisins qui ont développé un vrai
journalisme gastronomique.

À travers son histoire, sa sémantique,
ses nouvelles formes de communication (festivals, blogs…), nos
auteurs dressent un tableau très vivant de ce métier, qu’ils pratiquent
depuis longtemps, et se posent à son sujet les questions fondamentales
du journalisme.

Bénédict Beaugé, après avoir travaillé dans le
cinéma comme décorateur, se consacre à la gastronomie depuis près de
vingt ans, en particulier à l’histoire de la cuisine contemporaine, et
a créé le site www.miam-miam.com.

Sébastien Demorand est,
depuis dix ans, journaliste gastronomique, et le raconte sur RTL, dans
Le Parisien, le magazine Optimum et les guides Fooding ou Omnivore.

Les cuisines de la critique gastronomique, Médiathèque – Le Seuil, 14 €

« Etoile

7 réponses à Les Cuisines de la Critique Gastronomique

  1. Je le finis à l’instant.
    Il y a sans conteste une bonne analyse de la scène « critique » gastronomique française, tous média confondus, avec ses gros défauts, ses énormes lacunes, et son manque de curiosité. (il suffit de voir le sommaire du dernier « Bon et à savoir » pour acquiescer : le grand pâtissier Christophe Adam nous apprend le baba au rhum, et un sujet à sensation : les macarons …whaouh, on a de quoi s’en mettre sous la dent)
    Les anecdotes des critiques, les analyses d’Etoile, les passages en revue des blogs, le chapitre concernant l’absence de formation, tout ça est édifiant, écrit d’un ton souvent mordant, et symptomatique d’un souci bien français.
    Mais il y a aussi ce côté critique à tout prix, aucune mention de ceux qui tentent d’aller voir ailleurs (Omnivore par exemple), et autres petites choses parfois franchement irritantes.
    Bref … je pense que les journalistes/critiques/food writer en prennent pour leur grade.

  2. Pour en avoir lu quelques lignes ces dernières heures, il y a de quoi se dire (je parle pour les journalistes) : « courage, fuyons ! » N’y a-t-il plus rien à espérer créer en France ? Mieux vaut-il tout de suite fuir chez anglo-saxons ?
    Le poids des aînés (journalistes + chefs) serait-il trop fort ? Enclin à enrayer toute dynamique, toute création, tout renouvellement ?

  3. Je ne pense pas qu’il faille le prendre comme ça. A ta place (mais je me pose les mêmes questions, me sentant finalement un peu concernée par tout ça), je tenterai de faire la part des choses, car il y a de vraies interrogations, et des conséquences à en tirer ; à ta place, je serai énervée et motivée !
    Je crois que même si la presse, et les médias en général, ont tendance à vouloir rester à la surface des choses, à viser le plus grand nombre, il doit il y avoir des moyens (pour les journalistes) de convaincre que les véritables sujets de l’intérêt. Je crois que ce constat de la critique gastronomique est bien fondé, et que cela peut évoluer. Cela doit venir d’individus : aller voir plus loin, analyser plus en profondeur, quitte à se créer une grille personnelle et à la partager.
    Mais il reste que, lorsqu’on parle du Goût, on parle de goûts (et dégoûts) fatalement personnels, forcément subjectifs.
    Trouver un moyen d’aller par-delà le Bien et le Mal …

  4. J’ai forcé le trait de mes questionnements volontairement…
    Avant quoique ce soit, je le lis en entier et on en reparle très bientôt.

  5. stephane dit :

    je rentre juste et je vais me le procurer demain car j’en ai entendu tellement a propos de ce livre…

  6. Je l’ai fini il y a maintenant une semaine et j’ai fait part de mes remarques directement aux auteurs. Mais au final je reste sur ma faim, au delà du constat (où le trait est parfois un peu gros et le tropisme Michelin aveuglant) que propose-t-on ? Quelles pistes sont dégagées ? Je passe sur l’analyse ultra-sommaire de ce qui se passe sur le web (où j’ai retrouvé 1/2 page de ma petite prose sans même être cité, vous avez dit « journalisme » ?)… Pour moi, il y clairement une confusion dans l’esprit du lecteur (le mien en tout cas) entre CRITIQUE gastronomique et JOURNALISME gastronomique qui ne sont pas, de mon point de vue, les mêmes exercices et qui répondent à des attentes totalement différentes du public.
    L’angle économique et financier est aussi, à mon sens, trop peu développé.
    En tout cas, c’est bien que ce genre de livre existe et celui-ci est globalement bien fait, et ce serait encore mieux s’il existait un forum pour échanger les divers points de vue. Bénédict ? Sébastien ?

  7. Chrisos dit :

    Ce livre se lit en moins d’une heure.
    Disons que les deux auteurs ont clairement l’air de préférer le journalisme et la critique (où le fond a autant d’intérêt, sinon plus, que la forme et le style) à la chronique (sympathique, complaisante et parfois ampoulée).
    la chronique, c’est sympathique, mais la critique et une vraie analyse, des comparaisons, plus de faits, c’est de la vraie information à valeur ajoutée.

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