Frédéric Simonin

15 Avr 2010 • 7501712 commentaires

Il est jeune (34 ans), beau, talentueux, il ouvre son restaurant à son nom, quartier Ternes, en lieu et place de l’ancien Bath’s (une étoile qui n’a pas duré longtemps, il faut dire que les prix étaient exorbitants pour la prestation). Et il a le nom avec lui, Joël Robuchon pour qui il a travaillé à Paris, à Londres, et dont le nom se glisse dans la carte des vins (sélection par l’expert de Jojo) et un accompagnement, « la pomme de terre façon Joël Robuchon ». Comprenez la purée, avec sa dose de beurre inavouable et son fameux tour de main qui la rend si lisse. Voiturier à l’entrée, décor signé Maud Lesur, avec un noir très présent (esprit Robuchon es-tu là ?), des tons crème, de la douceur, de la lumière, du chic sobre et parfait pour le quartier Etoile-Ternes. Bon hier midi, le restaurant avait 4 jours, forcément, faut que ça vive un peu, le personnel semblait fébrile, oserais-je vous avouer qu’il y avait surtout des journalistes. Parfois, on se sent ridicule à se jeter sur la bête naissante, sans la laisser vivre un peu. Pas d’inquiétude cependant, il semble que Frédéric Simonin ait trouvé le bon ton en cuisine, une carte franche, sur le produit, « le tourteau », « la côte de veau de Corrèze » et une sérieuse formule déjeuner à 38 €, bien pour le quartier, le chic sobre et la prestation en salle (d’ici quelques jours, le temps qu’elle voit passer tous les journalistes et qu’elle se rode un peu…). Après une mise en bouche impec, un bon petit beurrier et du bon pain, voici l’entrée.

353-SimoninC’est magnifique, chairs de saint-pierre cru, zestes de citron mariné, huile d’olive, poivre concassé (peut-être un chouille gros à mon goût, en même temps, il apporte la touche de croquant, mais aussi son piquant…). Un genre de crème fermentée très rafraîchissante peint le tout, c’est vif et parfumé, le décor se laisse déguster.

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Un coup d’œil à l’autre entrée, œuf de poule cuit mollet, crème, poivrons parfumés, allumettes de jamon, franc et délicieux.

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Un plat qui me ferait revenir rien que pour lui, à condition d’en avoir deux fois comme ça. J’exagère, mais c’est vrai que pour un plat, ça ne faisait pas large. Et en même temps, dans le cadre d’un déjeuner, avec un dessert qui suit, c’est peut-être mieux ainsi. Voici donc mes deux cannelloni au ris de veau. Terrible !!! Les morceaux de ris sont croustillants et savoureux avec leur parfum animal, la pâte du cannelloni vraiment ferme et entre la crème bien réduite et le parmesan, on retrouve de la gourmandise et un côté régressif délicieux.

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Un peu simple à mon goût, moelleux au chocolat et glace pistache, n’allez pas croire, le dessert est bien fait, c’est bon, c’est chaud-froid, c’est gourmand. Mais voilà, un moelleux au chocolat… En face, vous apercevez l’autre dessert du menu, mousse, fraises et sorbet basilic-citron, oui, mais c’est servi dans une verrine elle-même posée sur une verrine gorgée d’une eau joliment rosée. « Euh, ça se boit l’eau rose monsieur ? », « Non, non ». Ah bon.

Menu déjeuner à 38 € bien bien, à la carte, on peut faire le grand écart, des entrées à 20 €, des plats à 32 € et puis à 60 €, des desserts à 12 €. Fermeture dimanche et lundi.

Frédéric Simonin, 25 rue Bayen, 75017 Paris, 01 45 74 74 74, métro Ternes

12 réponses à Frédéric Simonin

  1. Patrick CdM dit :

    Très tentant en effet, et à portée de mon bureau aussi, je vais toutefois suivre ton conseil et laisser murir un peu 😉

  2. carlos dit :

    La meme base de puree qu chez robuchon ? ( peulpe de pomme de terre congelee )

  3. Daniel dit :

    j’ai dejeuné a cette table, et comment pouvoir dire que la purée est congelée, elle n’en as aucunement l’aspect ni le gout!
    d’ou vous vienne ces dires « carlos »?
    encore quelques jours de rodage je pense que le restaurant sera sur la bonne voie
    a suivre…

  4. – Patrick, tu fais bien !
    – Carlos, il faudra justifier vos propos.
    – Daniel, à suivre, comme vous dites !

  5. Anthony Altazin dit :

    Une merveille ce restaurant !
    Un délice ces plats !
    Un chef très sympathique !
    Vas-y cousin, lâche rien, t’as déja réussi !

  6. Etienne dit :

    Le surgele et non le congele donne des resultats surprenants. Qui plus est les produits arrivent du monde entier et c est une evidence qu il faut surgeler rapidement un produit pour le transport.
    Je vous mets au defi de differencier une dorade royale ou un filet d empereur surgele du frais ..
    Halte a l hypocrisie dans les restaurants, de la part des restaurateurs ET des clients.
    J irai rapidement chez Simonin le temps que le restaurant trouve son equilibre.

  7. Eliz dit :

    Que tout cet article met l’eau à la bouche!

  8. claude dit :

    Je ne bataillerai pas sur le poisson mais du Saint Pierre cru … bigre quant on connait le poisson ?. Mais qu’est ce qu’il y avait à l’intérieur des cannellonis

  9. Claude, le Saint-Pierre, effectivement, il était discret derrière le poivre, le citron et la crème aigrelette, mais le tout s’en sortait bien. A l’intérieur des cannelloni, c’était du ris de veau aussi.

  10. claude dit :

    Sympa, merci pour ces précisions

  11. Malchance dit :

    Bonjour,
    Je suis allé dîner chez Frédéric Simonin la semaine dernière. La cuisine était une merveille, tous nos plats étaient splendide. En revanche le service était catastrophique.
    Au bout d’1H45 nous n’avions mangé qu’une entrée. Nous avons attendu 45 min entre l’entrée et le plat. Les personnes en salle ne sont pas venu nous voir une seule fois pour nous expliquer ce qui se passait. Nous avons fini par intercepter le sommelier puis un serveur, qui bien que très cordiale, n’ont apporté aucunes explications. En fait, en salle ils ne regardent pas ce qui se passe à chaque table. Par example une table à coté de nous est restée plus d’1H après le départ de ses occupants avec des miettes et des tâches, une vision pas très agréable pendant un dîner. Pour finir, après avoir payé, nous nous sommes rendu compte qu’ils nous avaient facturé 2 bouteilles de vin au lieu d’une.
    Une accumulation de problèmes qui gâchent quand même la soirée.
    Nous espérons vraiement qu’il s’agissait d’un scénario catastrophe dû à la malchance, car la cuisine est délicieuse.

  12. Malchance, je compatis. J’espère que vous vous êtes fait rembourser la bouteille de vin en tout cas !

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