Holybelly

18 Déc 2013 • 750106 commentaires

Holybelly est un récent café-cantine ouvert entre le boulevard Magenta et le canal Saint-Martin. « Cuisine soignée + café de qualité » est-il indiqué sur la porte d’entrée, voilà qui peut mettre en confiance et qui ne manque pas de modestie. Ces nouveaux lieux dédiés au café, au petit-déjeuner, au déjeuner et au goûter sont de plus en plus nombreux et je dois dire que je suis sensible au sujet (j’avais adoré Coutume Café). J’ai l’impression que tous tels qu’ils sont, c’est comme une porte d’entrée sur l’ailleurs, je m’expliquerai un peu plus loin à ce sujet. Chez Holybelly, on a à faire à une salle toute en longueur, un plafond aux airs de vieux planché, des couleurs crème, pas trop de lumière, un flipper dans le fond (j’ai très envie de stopper le petit qui joue dessus pendant mon déjeuner), des grandes tables à partager et la cuisine ouverte sur la salle dans le fond. Il y a comme un côté entre soi, avec les mêmes âges, les mêmes envies, les mêmes allures (je crois que ça m’angoisse), le même doux parfum de bacon qui emplit nos poumons (j’ai eu tendance à focaliser dessus une partie du repas). La carte arrive, des œufs, du bacon, plein de choses pour faire un bon petit-déjeuner (servi avant midi est-il précisé) et puis quelques plats du jour à la carte, tandis que l’immense ardoise dans le fond est blanchie de tous les légumes et fruits du mois (j’aime bien l’idée).

marbré chou rouge

Le filet de marbré (un poisson de la famille des sparidés) pas épais, mais bien saisi et savoureux, sur un lit de chou rouge, de noodles, de sésame noir, de céleri, de carottes émincées. C’est parfumé, c’est bon.

brownie bacon

Le brownie au bacon. A la première bouchée, on ne s’en rend pas compte, si ce n’est que le gâteau bien dense, chocolaté et qui colle un peu aux dents est réussi. Soudain, mon amie et moi nous faisons la même remarque au même moment, « ah ça y est, j’ai senti le bacon ». Et alors ? Et bien cela donne une note salée, fumée et je suis bien incapable de vous dire si cela apporte quelque chose. Le petit pot de crème fraîche à côté, par contre, oui. De la douceur, de l’onctuosité, un peu d’acidité, c’est bon.

L’endroit est agréable, on y déguste effectivement une cuisine simple et soignée. Mais qu’est-ce qui fait que j’ai l’impression que pour servir ce satané « café de qualité », ces établissements proprets ont justement toujours l’air tourné vers l’ailleurs ? L’Amérique, parfois un esprit industriel ou scandinave, le cheesecake, le carrot cake, le brownie, le cupcake… Des desserts presque toujours exclusivement américains (je suis sûre qu’il y a d’autres gâteaux qui pourraient se prêter au jeu du café ou que l’on pourrait pousser la quête du dessert américain plus loin). C’est comme une répétition de la même gamme, des mêmes codes (quelques jours avant, c’était une salade chou rouge et noodles que je dégustais au Café Lomi). En même temps, je trouve les initiatives bonnes, même si traitées toujours un peu de la même façon, donc je vais essayer de considérer le thème autrement : rien ne sert de traverser tout Paris pour découvrir l’un de ces établissements, ils sont ouverts pour les gens des environs ou alors pour se rapprocher de quelqu’un du coin. A chaque quartier, son Café Lomi, son Coutume Café, son art du café, son espace de travail (il faut voir en journée tous les Mac dégainés), ses gâteaux au même nom. Vous comprenez ?

Les prix à la carte, comptez 20-25 €. Fermé le mardi

Holybelly, 19 rue Lucien Sampaix, 75010 Paris, 09 73 60 13 64, métro République

6 réponses à Holybelly

  1. magali dit :

    Une impression plus que mitigée ou je me trompe ? mais je pense que j’aurais réagi de la même façon : le flipper en déjeunant, ce n’est pas forcément le top, le soupçon de poisson (même parfaitement cuit) déposé sur cette montage de noodles et de choux rouge, pas le top non plus et le brownie au bacon, je crois que je n’aurais pas pu… merci tout de même pour cette expérience !

  2. Les Tasters dit :

    Pour juger ces endroits et le sentiments de déjà vu, il faut comprendre le phénomène du coffee-shop et l’histoire du café.
    Cela fait des années et des années que l’on va manger (moi j’en peux plus) dans des cafés parigots avec flipper, bouffe moyenne (+odeur de tabac rance auparavant) et petites tables marrons, sans trouver un effet de répétition.

    Le café servi par ces nouveaux « spots » est anglo-saxon. Ils se distinguent du café italien et français. La plupart des proprios sont soit directement des australiens/américains (Coutume/Lomi), soit y ont été formé. C’est le cas de Sarah et Nico de Holybelly qui ont tout appris en Australie (en plus du Canada).
    L’idée est de retrouver cet esprit, une forme de lieu entre détente et dégustation, inexistante en France, mis à part la version chaine (Starbucks, Costa).
    On peut y venir la journée entière, faire de l’ordi, jouer voire se former à la dégustation.

    Holybelly est même un hommage à l’Australie et à son café: la torréfaction y est beaucoup plus légère, le filtre y excelle, le terroir valorisé. C’est ainsi que l’on retrouve le « flat white », un classique national. Cela constitue le 3e temps de l’histoire du café: on redécouvre le gout de la baie et son acidité qui apporte structure et complexité. On y va pour déguster des cafés de petites productions localisées comme des vins, et tester l’habileté du barrista à l’exprimer au mieux.

    La carte aussi est un hommage, favorisant le produit local et de saison, comme dans les coffee-shop d’origine.
    Si on regarde de près, elle est mixte, comme les 2 cuisinières dont une a travaillé à l’Astrance, excusez du peu! J’ai trouvé le lieu extraordinaire, la cuisine fameuse et les cafés hyper bien réalisés. Nico est un barrista de qualité et un serveur chaleureux.

    Tout cela est encore trop nouveau et déroutant. Les français ne s’y sentent pas encore à l’aise, à l’inverse de la clientèle étrangère, largement majoritaire. Le temps fera l’affaire. C’est monde différent avec ses codes et son langage. On peut imaginer que la nostalgie passée, les prochaines adresses perdent la langue anglaise pour trouver un idiome plus vernaculaire.

    • Je comprends bien ce que vous voulez dire, je regrette juste un manque de fantaisie dans les desserts ou les plats. Et je persiste, à Paris ou ailleurs dans le monde, je ne me sens jamais à l’aise dans un lieu où la clientèle semble ne former qu’un groupe homogène.

      • Hélène dit :

        Bonjour Caroline, je partage ton sentiment. Ces lieux sont agréables et soignés mais ils se ressemblent beaucoup par le concept, la carte, l’ambiance donnant l’impression d’une chaine hormis le nom qui change. c’est une formule magique qui fonctionne. Je suis très contente qu’il y ait de plus en plus d’établissement de ce genre à Paris.. mais je me demande si dans ce cas, il est nécessaire d’ en faire tout un buzz à chaque ouverture ..

        • Hélène, je pense que les habitants du quartier où ouvre chacun de ses établissements peuvent se réjouir. En faire un buzz, je ne sais pas, mais j’ai l’impression que les journalistes aiment ces lieux d’ambiance, de travail, à croire que ça s’adresse plus à eux 😉

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