La Pointe du Grouin

22 Mai 2014 • 75010Aucun commentaire

Pour tout vous dire, ma première fois à La Pointe du Grouin date d’il y a quelques semaines et fut surtout alcoolisée. En fait, elle ne fut qu’alcoolisée. Et pour cause, un vendredi soir, j’avais dîné avec des amis juste à côté, Chez Michel (du même propriétaire, le chef Thierry Breton), très bien d’ailleurs et comme ça ne suffisait pas, nous avions prolongé la soirée par quelques verres… à La Pointe du Grouin donc. L’ambiance était festive, la musique tendance hard, rock et grunge (Nirvana, ça faisait longtemps j’avoue), le décor un peu déglingué entre vélos suspendus au plafond, graffitis aux murs et tables hautes où consommer des litres de vin (oui, il n’y a que des magnums pour le vin), de bière, de cidre… Le lieu est vaste, le comptoir immense, c’est que s’y conçoivent les petits plats et que l’on y commande les liquides et les solides, mais il reste beaucoup de place pour les clients et la cave où l’on va choisir soi-même son magnum (pour nous ce soir là, un morgon de Marcel Lapierre). Bref, les vapeurs d’alcool, le lieu comme j’en connais assez peu à Paris : un bar à tapas bretons, très accessibles soit dit en passant, brut de décoffrage comme son patron Thierry Breton, où l’on respire et d’où l’on n’a pas envie de partir, tout cela faisait que j’avais envie de revenir goûter à ce qui s’y cuisinait. Mardi au déjeuner donc. Après avoir échangé des grouins contre des euros à la machine (la seule monnaie valable, ce qui courrouce certains d’après ce que j’ai lu) et passé commande, le barman annonce notre numéro de galet (19) au micro et l’on revient à table avec notre cagette bien garnie.

galette saucisse artichaut la pointe du grouin

Mon amie est au régime (d’où la salade de haricots verts et la soupe de légumes) et moi je trépigne de goûter à la galette saucisse et à l’artichaut. La galette n’est pas très bien pliée, qu’importe, le morceau de beurre glisse dessus en fondant (j’adore le détail sur la photo), la pâte a ce qu’il faut de sarrasin, la saucisse est bonne, pas trop grasse, avec une mâche à la fois ferme et tendre. Elle pourrait faire penser à une morteau, mais sans le côté fumé. Et entre la galette et la saucisse, s’est glissée une fine couche de moutarde à l’ancienne (essentiellement en grains), c’est bon.

vinaigrette la pointe du grouin

Après avoir trempé les feuilles d’artichaut dans le pot de vinaigrette réservant des surprises, huile de noisette, échalotes, herbes et pointe de vinaigre, je m’attaque au cœur.

fond artichaut la pointe du grouin

Enfin le fond que j’ai levé (non sans fierté) en arrachant les dernières feuilles toutes fines et le foin. Un peu de vinaigrette et le tour est joué, il est temps de passer au dessert.

kouign amann la pointe du grouin

Le kouign amann pour moi, « la salade de fraises au cidre » pour mon amie, dont la préparation m’a amusée. La jeune femme du comptoir a pris des fraises déjà équeutées et coupées, les a mises dans un verre et a versé une bonne rasade de cidre bouché, plus simple, y a pas. Et vous savez quoi, le cidre et les fraises, c’est inattendu et vraiment bon, ça pétille et le sucre, le fruit et l’acide dansent ensemble dans la joie. Servi en petites tranches sur une planche, je déguste mon kouign amann (2 euros) avec bonheur. Moins de sensation beurrée que celui de Douarnenez, un peu moins caramélisé aussi, mais un bel esprit. J’avoue que j’aurais préféré le déguster chaud (oui, ça amplifie la sensation beurrée et je le préfère ainsi), mais je n’ai pas boudé mon plaisir.

Les prix de la carte sont assez attractifs, 4 euros, 6 euros, on a envie de tout commander. Les sandwichs ont sacrément fière allure (le pain, les garnitures, tout est frais, déborde de couleurs, d’ingrédients, de saison et fait envie. J’avais presque envie d’en commander un pour le plaisir et puis je me suis ravisée, sandwich + galette saucisse + kouign amann / abusif). Bref, un beau choix de sandwichs à 4 euros, des salades (légumes, calamars) et des charcuteries à 4 euros aussi et quelques suggestions à 6 (comme la galette saucisse et l’artichaut), les desserts quant à eux s’affichent à 2 euros. Bref, ça ne grimpe pas très haut etça me donne envie de revenir pour retrouver entre autres les craquelins de Saint-Malo que j’ai connu enfant, mais que j’accompagnerai de cidre ou d’un magnum de vin (le soir venu).

La Pointe du Grouin, 8 rue de Belzunce, 75010 Paris, métro Poissonnière, Gare du Nord

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