Racines

29 Nov 2007 • 7500214 commentaires

Si vous ne connaissez pas les joies de déjeuner ou de dîner dans un passage parisien, le Passage des Panoramas est fait pour vous. Ce passage qui part des Grands Boulevards (à deux pas de Virgin) gorgés de touristes, de cars et de circulation, contre toute attente, est un havre de tranquillité. Au coeur de ce passage séduisant, s’est ouvert Racines, un bistro riquiqui bourré de charme et de vins naturels. Depuis quelques semaines, le patron (qui tenait avant la Crémerie dans le 6e) et son « second » au service et au conseil en vins, se démènent pour vous servir une cuisine de viandes savoureuses (elles proviennent toutes du boucher Hugo Desnoyer, présent dans le 14e à Paris) et de légumes, attention tenez-vous bien, issus du potager d’Alain Passard (dans la Sarthe), bref des origines qui en feront rêver plus d’un, pour des petits plats délicieusement mitonnés et des prix pas bien élevés (les entrées sont aux alentours de 8 €, les plats entre 11 et 18 €). Pas plus d’une vingtaine de couverts, pris entre les rangs de casiers à bouteille, au bord d’un vieux comptoir et d’un joli carrelage à l’ancienne.

146-racinesL’assiette de charcuteries, fraîches tranchées sous nos yeux, servies à température ambiante, elles se déchirent avec les doigts, avant d’être savamment dégustées (ventrèche de cochon et j’en passe), nues ou sur un morceau d’excellente baguette (j’insiste).

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Petite terrine d’agneau et de tomates, le tout confit à souhait, se mâche avec délices, les feuilles de salade croquent encore avec un assaisonnement proche du pistou, magnifique.

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Admirez la bête, la côte de veau de mon voisin, d’une épaisseur à faire pâlir d’envie, un peu crémée pour une touche d’onctuosité, d’une infinie tendresse, la purée s’en sort bien, la tombée d’épinards aussi.

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Notre Parmentier de boudin noir (de Desnoyer, cela va sans dire) servi pour deux, dans sa cocotte Staub.

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Le voici à l’assiette, dressée par nos soins. Un fond de boudin noir presque confit, de l’oignon émincé et rissolé, une purée pas trop épaisse, craquante sur le dessus. On est aux anges, il faut l’avouer…

Pour finir, on a tenté le fondant au chocolat, servi avec une quenelle de crème fraîche sucrée (histoire de remettre une petite couche de gras…), le fondant était là, par contre, la croûte était carrément noircie, ce qui était moins bienvenu.

J’y suis retournée depuis cette soirée, je ne peux m’empêcher de vous en livrer quelques morceaux : au déjeuner, la soupe du jour, encore un peu moulinée, avec ses légumes racines (rutabaga, topinambour…), qui prenaient une couleur orangée, un goût délicat, relevée par un trait d’huile façon pistou et quelques copeaux de vieux Parmesan, une tuerie. Suivie de joues de cochon mitonnées au vin rouge (au fondant exquis), servies avec des légumes très finement émincés, encore crus, frais, croquants (betterave blanche auréolée de rose, navet,…), bien vu. Bref, l’adresse (pas loin de chez moi) que je ne suis pas prête de lâcher.

Racines
8 passage des Panoramas
75002 Paris
T 01 40 13 06 41
Métro Grands Boulevards

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14 réponses à Racines

  1. Flo Bretzel dit :

    Avec toutes des adresses gourmandes, comment faire mon choix, je ne serait à Paris qu’une semaine pendant les vacances de Noël!

  2. miss Flop dit :

    Deux avis dithyrambiques en deux jours (ici et chez François Simon), ça sent l’endroit à visiter à tout prix…
    Et le parmentier de boudin noir… Rhaaaa! Difficile de résister à tes photos qui donnent faim.
    Merci!

  3. Caroline M dit :

    – Flo, ça ne sera pas facile, je serai de tout coeur avec vous.
    – Miss Flop, Stéphane, ça prouve que c’est du sérieux.

  4. Miss Flop dit :

    Mmmmh… ils ont même eu le prix du fooding, à ce que j’ai vu aujourd’hui dans je ne sais plus quel gratuit. En effet des plus sérieux!

  5. TVnomics dit :

    ma cantine pour déjeuner d’affaires
    la salade de legumes d’Alain Passart à tomber !

  6. Caroline M dit :

    Un prix mérité, des origines exquises, quant à la salade de légumes d’Alain Passard, ça sera peut-être pour la prochaine fois (photo à l’appui bien entendu).

  7. TVnomics dit :

    lui aussi fermé en ce moment

  8. simon~says ! dit :

    je confirme et pour une fois on ne pourra pas me reprocher de ne pas parler de vins
    http://francoissimon.typepad.fr/simonsays/2007/11/racines-bonheur.html

  9. TVnomics dit :

    réouverture avec le gaz le 14 janvier

  10. Caroline M dit :

    Ah ça, ça va leur faire du bien !

  11. Muriel T dit :

    Quelle déception… Autant sur les plats, ma foi que je n’ai pas trouvés si extraordinaires mais bon passons encore, je n’ai pas grand chose à dire.. Autant sur l’accueil.. mais ce monsieur devrait changer de métier : une insolence, un mépris vis à vis de la clientèle, ce n’est pas compliqué : notre repas aura duré 40 mn montre en main tellement nous ne nous sentions pas accueillis : Ce mon seur doit également avoir mal aux oreilles car manifestement le bruit (que l’on s’entende : une discussion avec un niveau sonore tout à fait normal) le dérange.. et n’hésite pas à vous le faire savoir. Si vous lui demandez du Sel, ce monsieur semble agacé et vous répond de manière méprisante.. Ce qui m’a rassuré, c’est de voir qu’il n’était comme ça qu’avec moi.. d’autres clients en fait les frais : des gens s’installant tranquillement à une table se sont vus dégagés aussi sec et comme des malpropres en leur disant de façon aggressive que la table était réservé et qu’il n’y avait pas de place pour eux : alors monsieur : il existe des petits objets sur lesquels on peut écrire « Réservé » et que l’on met sur une table et cela évite ce genre de scène ! et surtout : changez de métier

  12. Bassat dit :

    comment vous dépeindre l’indicible deception. Ce petit restaurant sombre et encaissé est d’une prétention assez destabilisante. La carte est réduite, les plats sont chers mais surtout le service et l’acceuil sont d’une brusquerie qui confinent à la muflerie.
    perplexité quand tu nous tiens…

  13. Caroline M dit :

    Muriel T, Bassat, ça dégomme sec. Je suis bien désolée que ce bistro provoque tellement de fureur.

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