Lectures vivifiantes

4 Avr 2013 • Actualité5 commentaires

Si ça vous dit de les lire aussi, voici quelques nouveautés bien éditorialisées…

180°C (oh, le magazine français qui a enfin la bonne idée d’avoir un site) qui traite « des recettes et des hommes » est à la fois un magazine et un livre et s’achète d’ailleurs en librairie. Les sujets sortent des sentiers battus (moi qui travaille dans la presse culinaire, je sais un peu ce qu’il en est), les reportages sont au plus près des hommes, les photos lumineuses, les recettes supervisées par le chef Eric Trochon donnent envie de les réaliser, bref, un magazine de mots qui se lit sans faim (je l’ai eu en livre de chevet, ce qui est rare chez moi, j’ai du mal à supporter de lire de la cuisine avant de dormir). Ce n’est pas le premier objet littéraire culinaire et j’espère que celui-ci aura une longue vie.


575-180°CA propos de mots, il me tarde de lire le dernier opus d’Emmanuel Giraud (dont je serai toujours reconnaissante de m’avoir conseillé ce petit restaurant vénitien qui vous fait pénétrer un quartier joliment déserté), L’excès, 10 façons de le préparer, sorti aux éditions de L’Epure. Son auteur est pour le moins iconoclaste et multiplie les performances et les écrits non conformistes, comme son précédent livre sur l’amer et sa découverte de l’Italie. Parmi les recettes, il y a un Gigot de la clinique d’Avranches et un sashimi humain qui m’amusent beaucoup… « Ah ! Qu’ils semblent loin, les temps bénis où
l’embonpoint avait une valeur sociale, où la pratique de tous les
excès et l’abstention nonchalante de tous les sports étaient les
secrets d’une bonne santé, où un duel à mort pouvait se régler à
table, et où le facétieux Grimod de la Reynière professait que le
grand point [était] de manger chaud, proprement et beaucoup. Oui, moi
aussi, à l’instar de Gérard Oberlé, je regrette cette époque où une
ordonnance contre la crise de goutte avait valeur de décoration ! »

Un nouveau blog qui traite d’actualité avec du fond, des références et beaucoup de saveur, c’est le Ventre Libre de la journaliste Camille Labro que j’ai eu l’occasion de croiser à quelques reprises et dont j’aime beaucoup les dossiers bien fouillés dans M le magazine du Monde. Un esprit libre qui voit large et souvent vert et s’amuse des dérives de cet univers si magnifique et si commercialisé qu’est la gastronomie (oui, c’est aussi et beaucoup un business). Je vous laisse lire son dernier post sur une affaire cocasse qui mêle grosses bagnoles et jardin potager…

5 réponses à Lectures vivifiantes

  1. François G dit :

    Bonjour Caroline,
    Je viens de feuilleter 180°C. C’est joli, instructif, mais je suis resté sur le c** quand j’ai lu l’article AFTER BUZZ consacré à La Grenouillère.
    Comment peut-on dire que tout est pompé sur Noma ??
    OK, je ne suis jamais allé à Copenhague et tout ce que j’en ai entendu jusque là ne me donne pas franchement envie. En revanche, je retourne chez Alexandre Gauthier sans la moindre hésitation. J’ai le souvenir ému du menu que nous avions partagé (pas ensemble) en 2008 et, à l’époque, qui connaissait Noma ??

  2. stephane dit :

    On peut reprocher une chose a cette revue, c’est la mauvaise indexation des recettes / produits. Sinon rien a dire.

  3. – François G, mince, je ne suis pas encore allée jusque là ! Mais si c’est bien le propos tenu, c’est bizarre. Je connais les deux et je ne vois pas bien le plagiat. Je lis et te dis !
    – Stéphane, faut que je regarde ça aussi !

  4. François G dit :

    J’ai envoyé un petit mot à la rédaction de 180°C pour m’étonner de la chose. J’ai reçu une réponse de l’auteur (Fabrice Bloch).
    En substance, voici sa réponse :
    « Je ne remets absolument pas en cause la créativité de [Alexandre Gauthier] mais je persiste : le Noma est le vaisseau amiral de ce genre de cuisine et Gauthier s’inscrit les deux pieds dedans.
    De plus, j’ai fait l’expérience pour 180 de dîner dans les 2 restaurants à un mois d’intervalle et je peux vous affirmer que les amuse bouche (sic), la locavoricité extrême (…), les références à la nature, etc… Tout était dans la redite du Noma ou au moins dans le « Noma style » ! »

  5. François G, mouais, chacun son opinion.

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